L’eau est un élément essentiel à la vie. Au Québec, les réserves d’eau douce sont abondantes mais cependant menacées par les activités humaines. Préserver la qualité de l’eau incombe aux particuliers, aux collectivités ainsi qu’à l’agriculteur, acteur clé d’une agriculture intégrée à son environnement. Les agriculteurs peuvent améliorer la qualité de l’eau de trois façons :
- en freinant les processus qui entraînent le sol et les intrants agricoles vers l’eau (érosion, drainage, ruissellement);
- en améliorant la gestion des intrants (engrais, fumier et pesticides);
- en installant des zones tampons comme des bandes riveraines et des brise-vent.
Le projet se divise alors en trois phases :
- Phase I : Servira à faire une caractérisation du milieu afin de mieux connaître l’état actuel des berges, de ses écosystèmes et de la qualité de son eau.
- Rencontres individuelles avec les propriétaires;
- Inventaire agricole;
- Inventaire faunique et floristique;
- Évaluation des berges;
- Analyse de la qualité de l’eau.
- Phase II : Création d’outils comprenant un plan d’intervention et d’aménagement ainsi que des ententes de conservation volontaire. De cette façon, les propriétaires pourront mieux cerner les problématiques et cibler les solutions de gestion et d’aménagement utiles à l’amélioration de la qualité de l’eau du bassin versant, via une restauration ou une protection.
- Création d’Atlas;
- Réalisation des cahiers des propriétaires.
- Phase III : Consiste en la réalisation des aménagements de restauration et des solutions de gestion sélectionnés. Ceux-ci seront faits en étroite collaboration et selon les priorités établies par les producteurs agricoles du bassin versant.
- Mise en place des solutions proposées;
- Élaboration du soutien technique et financier pour les projets de protection et de mise en valeur;
- Application du suivi de la qualité de l’eau.
Solutions:
Le projet consiste à fournir aux agriculteurs faisant partie du bassin versant l’information suivante:
- l’état actuel des lieux sur la présence de l’agriculture et de son intensité;
- la description de l’écosystème agricole actuel;
- Inventaire faunique et floristique;
- les mesures correctives appropriées, ferme par ferme
Pour définir le bassin et identifier les diverses problématiques, nous devrons intégrer les informations géographiques suivantes :
- photographies aériennes (orthophotos);
- cartographie des peuplements forestiers;
- carte pédologique;
- utilisation du sol;
- réseau hydrographique
- réseau routier;
- cadastre;
- délimitation des fermes et des champs;
- topographie et modèle numérique d’élévation (MNE) de terrain.
L’analyse de ces données géographiques permettra :
- d’évaluer le niveau d’hétérogénéité de l’espace cultivé;
- de mesurer les superficies consacrées aux espaces naturels;
- d’identifier les zones peu productives et sensibles à la dégradation et proposer une affectation écologique à ces espaces.
La phase I comprend la caractérisation de la rivière et de tout son bassin versant. Elle inclue une évaluation des espèces végétales, animales, aviaires et amphibiens-reptiles. Elle comprend également une évaluation de l’état actuel des berges et des bandes riveraines en relation avec l’érosion et la dégradation des sols. De même, en collaboration avec l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’implantation d’un réseau de stations d’échantillonnage servira à mesurer les débits, les paramètres physico-chimiques et l’état de l’écosystème aquatique. Ce réseau, en opération avant, pendant et après les mesures correctives permettra de mesurer l’efficacité de celles-ci. Ces données seront intégrées à un modèle permettant d’évaluer les aménagements et les méthodes de conservation des sols les plus efficaces pour améliorer la qualité de l’eau.
Lors de la phase II, l’atlas conçu, ferme par ferme, et les cahiers des propriétaires intègreront les données recueillies au cours de la phase I. Ils serviront d’outils de gestion pour les producteurs agricoles en leur donnant l’information nécessaire à la réalisation d’actions correctives qui permettra l’amélioration de l’écosystème aquatique de la rivière. Ces outils serviront à une meilleure gestion des fermes et des champs pour les producteurs agricoles et leurs conseillers en agroenvironnement. Ils pourront ainsi mieux gérer la réalisation et le suivi de leurs mesures correctives pour la conservation du sol et de l’eau.
La phase III permettra de proposer et de corriger les problématiques rencontrées par diverses solutions, comme :
- des bandes enherbées en bordure des fossés;
- une restauration de la bande riveraine boisée en bordure des cours d’eau;
- une mise en place de haies brise-vent adjacentes aux champs et bâtiments de ferme;
- des protections des sorties de fossés et sorties de drains;
- un reboisement des coulées;
- une construction d’avaloirs et de tranchées filtrantes;
- une restauration de milieux humides;
- une mise en place d’étang d’épuration ou de marais filtrants servant à épurer les eaux de surface;
- une augmentation des surfaces cultivées avec résidus à la surface;
- la localisation des prairies permanentes situées près des cours d’eau et implantées de façon linéaire.